En mai 2009, j’ai participé pendant quelques jours à un grand rassemblement œcuménique à Paris. Il s’agissait d’un événement intitulé « Paris tout est possible » auquel participaient entre 3 et 4.000 personnes. Des intervenants des diverses confessions chrétiennes y délivraient des enseignements théologiques qui alternaient harmonieusement avec des temps de louange et des temps de prière.

Et de fait, j’ai été rapidement touché par la puissance des prières qui étaient exprimées. Une onction très forte régnait sur cette assemblée et baignait tous les participants dans la plénitude de l’Amour de Dieu. L’Esprit-Saint était au milieu de nous et nous vivions des moments de profonde spiritualité.

Mais en même temps, cette merveilleuse intimité avec notre seigneur me permit de mesurer à quel point ma foi avait jusqu’alors été bien frileuse et bien fragile. Les prédications du jour qui portaient beaucoup sur la petite foi – oligo pistis – me confortèrent dans ce sentiment et je tombais dans une profonde méditation teintée de culpabilité. C’est alors que j’entendis en moi, une voix intérieure qui me dit très distinctement : « laisse tomber tes chaines, elles n’existent plus ». Presque simultanément, j’entendis une personne proche de moi déclarer qu’elle avait reçu l’image de chaines avec des bracelets qui tombaient des poignets d’un homme. Cette image et cette parole me touchèrent profondément et dans un élan de tout mon cœur, je m’abandonnais au Seigneur. Aussitôt, une sensation de libération m’envahit, accompagnée d’une grande sérénité. La confiance m’habitait faisant grandir ma foi et j’étais désormais particulièrement attentif à toutes les merveilles que, je n’en doutais pas, le seigneur me réservait au cours de ce temps spirituel.

Le soir même, un intervenant nous proposa de prier pour toutes les personnes qui étaient atteintes d’une maladie des intestins. Je bondis plein d’espérance, je pense que je du être le premier à me lever dans la salle, car j’étais touché depuis 1991 par une rectocolite hémorragique. C’est une maladie cousine de la maladie de Crohn. On ne guérit pas de cette terrible maladie dont les effets sont très pénibles à vivre au quotidien. On s’efforce tout au plus de stabiliser les crises. En 2002, elle m’a valu de longs temps d’hôpital et des inquiétudes quant à un dénouement fatal pendant quelques semaines. Je dois dire que je n’ai rien ressenti de particulier pendant cette prière mais ma foi avait grandie et tout mon être communiait à la présence salvatrice de l’Esprit-Saint. Je pensais à ce verset de Luc 17/6 : « la foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : déracine-toi et va te planter dans la mer et il vous obéirait ». Et intérieurement je priais, « Seigneur, je sais que si tu veux me guérir, tu le peux. Mais que je guérisse ou que je ne guérisse pas, je te fais confiance.

Le lendemain matin, pendant un enseignement, je me mis à avoir de plus en plus chaud. J’étais rouge sur tout le haut du corps comme si j’avais reçu des coups de soleil. Mon épouse et mon autre voisine me demandèrent d’ailleurs ; « mais qu’est-ce que c’est que cette chaleur que tu dégages ? C’est presque insupportable ! A la pause, j’allais voir les gens de la sécurité pour leur demander si les sortes de caissons que l’on voyait suspendus au plafond, n’étaient pas des appareils de chauffage qu’on aurait mis en marche. Ils me regardèrent hilares : du chauffage au moi de mai, il fallait déjà être bien atteint. L’après-midi, ce fut au tour du bas du corps de chauffer au rouge. Une amie infirmière diagnostiqua une probable allergie ou une intoxication alimentaire. Je brulais tellement que je fus obligé d’aller m’asperger d’eau pour tenter d’apaiser le feu en me rafraichissant, mais en pure perte. Par contre, j’étais en plein courant d’air et j’étais désormais assurer de ramener au moins quelque chose avec moi, une bonne bronchite.

Le lendemain, la chaleur était retombée et je terminais cette session sans autre manifestation. Au final, c’était plutôt au plan spirituel que j’étais transformé. Mon engagement pour le Seigneur avait trouvé un dynamisme nouveau et bien vite, je ne pensais plus ni à ce curieux coup de chaleur ni à cette prière pour demander la guérison. Quelques temps plus tard, je devais effectuer une visite de contrôle avec mon gastro-entérologue et en faisant le point en vue de ce rendez-vous, je réalisais quelque chose de tout à fait surprenant : non-seulement, je n’avais pas eu de crise récemment, ce qui était déjà arrivé, mais je n’avais même pas été tourmenté par les nuisances habituelles inhérentes à cette maladie. Et ça, c’était tout à fait nouveau.

A la visite suivante, trois mois plus tard, il en fut de même et ainsi, de visite en visite, trois ans s’écoulèrent sans aucune manifestation de la maladie. J’étais désormais persuadé que j’avais reçu cette merveilleuse guérison mais j’écoutais les conseils qui nous sont donnés par nos accompagnateurs spirituels, je continuais à prendre mon traitement médical et j’attendais une confirmation médicale pour en témoigner.

En juin dernier, je fis comme tous les trois ans, une coloscopie de contrôle et mon gastro-entérologue me déclara : « je n’ai rien à signaler, votre intestin est comme neuf ». Emerveillé, je lui répondis : « mais alors, je suis guéri ! ». Et celui-ci me rétorqua : « ah non, on ne guérit pas de cette maladie. Vous êtes en phase de quiescence ». « Mais Docteur, il y a quelque années, vous vouliez me couper un morceau d’intestin tellement il y avait de lésions et aujourd’hui, vous me dites que je suis comme neuf. N’est-ce pas significatif d’une guérison ? ». « Non, il est vrai que la disparition de toute trace de lésion est étrange mais croyez-en mon expérience médicale, vous vivez pour le moment un état de grâce mais on ne guérit pas de cette maladie ». « La grâce Docteur. C’est bien de cela qu’il s’agit ! Pour vous, je suis en quiescence depuis trois ans, ce qui semble incroyable mais pour moi, je suis guéri ». Nous avons stoppé là notre débat stérile. Mais en ce qui me concerne, je vais bientôt terminer ma 4ème année de « quiescence » et je pense que je peux maintenant vous témoigner du merveilleux pouvoir de guérison de notre Seigneur. Celui-ci pour pouvoir s’exercer doit s’appuyer sur notre foi, notre abandon à sa Sainte-Volonté dans la confiance et l’espérance car jamais il ne nous obligera. Il est bien trop respectueux de notre liberté pour cela. Mais si nous nous abandonnons, que nous croyons dans la guérison qu’il nous offre et que nous la prenons comme telle, alors il peut accomplir des merveilles. Sachons ensuite la conserver comme un bien précieux, en rendant grâce tout d’abord et ensuite, en recherchant la présence de Dieu dans tout ce que nous vivons. Ce n’est pas très difficile car ce qui est encore plus beau et plus important que la guérison, ce sont les fruits qui l’accompagnent. Dans la vie quotidienne, ses plaisirs comme ses épreuves, dans notre vie chrétienne, dans nos rencontres, en toutes choses en somme, une foi profonde nous habite et nous vivons une intimité de la présence de Dieu qui nous conduit à la joie, à la sérénité et nous donne la paix.

Hervé

24 MARS 2013

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